Ce n'est qu'un au revoir...
Par Cécile le mercredi, avril 15 2009, 21:28 - Général - Lien permanent
Comme dans toutes les histoires, il y a un début et une fin. Voici donc ma conclusion d’un périple autour du monde qui, je peux vous l’avouer maintenant faisait un tout petit peu plus que 80 jours. Je devais valider des marathons officiels et comme l’organisateur du marathon de Paris n’a rien voulu entendre et n’a pas voulu avancer la course en plein milieu de semaine, j’ai mis un peu plus de 80 jours. Mais je ne lui en tiens pas rigueur !!!
Quand j’ai lancé ce projet, je ne m’attendais pas à autant d’engouement, pas non plus à des messages aussi virulents à mon égard. On m’a accusé de mille choses : entre la destruction à moi toute seule de la couche d’ozone et donc l’extermination des pingouins (regardez les photos de l'Antarctique, il n’a pas l’air de trop m’en vouloir le pingouin…) et la volonté cachée de passer pour une championne que je ne suis pas j’ai vraiment tout entendu. Je ne suis qu’une coureuse ordinaire qui n’a jamais eu des prétentions autres que les siennes à savoir se faire plaisir en parcourant le monde. Rien de plus… Aucun exploit sportif dans ce que j’ai fait, tout coureur un peu aguerri le sait très bien. Combien sont-ils en France à courir 10 fois plus que moi et surtout 10 fois plus vite que moi ? Mon ambition est ailleurs. Pour moi le principal c’est que j’ai pu faire un peu rêver les gens, donner envie à des personnes de se lancer que ce soit sur marathon ou sur toute autre course. Et moi dans tout ça ? Qu’ai-je retenu de ce tour du monde ? Il me sera difficile de condenser ces 80 jours en quelques mots bien sur. Alors je vais juste me contenter de quelques images qui me reviennent…
Marathon d’Orlando : Un merveilleux moment en famille avant tout, la plage de Daytona, les motards sans casque à fond sur les autoroutes, les médailles tellement extraordinaires, cet hymne américain à me donner des frissons rien qu’à y repenser, cette américaine avec son bébé dans les bras suçotant sa médaille avec bonheur, Epcot, la surprise de la chanson de Barbie juste au moment où je commençais à aller un peu moins bien…
Marathon de Marrakech : Les copains d’abord… la beauté de l’Atlas, à la recherche du soutien gorge perdu, des litres et des litres de thé vert avalés face à un feu de cheminé, la douleur mêlée de bonheur en passant la ligne d’arrivée avec Olivier qui ne m’a pas lâché, les larmes de Thierry, le sourire de coureurs m’ayant attendu pour me rencontrer sur la ligne d’arrivée, la flamme de Momo de Planet Tour m’expliquant qu’il serait temps de me mettre à vraiment courir, la confirmation qu’Eric est vraiment ce qu’on appelle « un type bien »…
Marathon de Tahiti : Mon préféré j’en ai bien peur ! La chaleur sur le tarmac de l’aéroport qui vous tombe dessus, le réveil au petit matin décalage horaire oblige et le lever du soleil sur le lagon, la pluie sur la bateau allant à Mooréa, Patrick et nos discussions dans ce fameux lagon qui n’ont pas calmé mes velléités de coureuse autour du monde, Arnaud rencontré sur la ligne de départ qui a du s’acheter un lecteur MP3 pour remplacer mon bruit, la brûlure du soleil pendant la course, et celle plus agréable sur la bateau à la rencontre des requins et des raies.
Marathon de Puerto Montt : Celui que je craignais le plus… et finalement mon meilleur temps, va comprendre ! Le stress du départ, Nicolas et sa gentillesse, les ravitaillements réduits à leur plus simple expression, une table de camping, quelques bouteilles mais des bénévoles souriants, ce baptême sur la plage qui méritait vraiment les quelques minutes perdues, cette arrivée à la Paula Radciffle qui m’a presque fait regretter de ne pas courir vite histoire de pouvoir revivre ça un jour, ce caillou sur la route qui a donné une tournure douloureuse à mon tour du monde.
Marathon de l’Antarctique : Celui pour lequel tout a commencé… Les retrouvailles avec Patrick le paréo en moins, la doudoune en plus ! Des rencontres, des visages à jamais gravés dans ma mémoire. Lisa, devenue en quelques secondes une amie, Susan sa coloc et notre journée « without bra » après le marathon (sans soutif pour ceux qui ne parleraient pas anglais, pour une fois que j’avais le droit, je n’allais pas me gêner !), Dale et sa roue sur la ligne d’arrivée pour fêter dignement son premier marathon, Mark alias Superman, mes amis anglais et nos soirées « jumping » au bar, le regard désespéré de Maxime le barman québécois qui se désespérait de nous voir rejoindre un jour nos cabines pour dormir. La découverte que j’ai bien du sang de corsaire dans les veines et que le cap horn même pas peur… Cette phrase de Chris, jeune militaire américain qui va repartir en Irak pour sa dernière mission dans quelques semaines à qui je demandais : « mais pourquoi l’armée ? », « parce que j’avais 17 ans… ». Les bruits de l’Antarctique qu’aucune vidéo ne pourra rendre, le souffle des baleines, le bruit terrible de la glace qui se détache et se fracasse dans la mer et la voix de Ruppert dans le micro qui m’a réveillé pendant ces 10 jours passés à bord.
Marathon de Tokyo : Je n’ai pas peur de le dire, ma déception… Je ne peux pas expliquer pourquoi mais je ne suis pas rentrée dans cette ville, dans cette course. La fatigue y est sûrement pour beaucoup, une trop grande attente aussi je pense. Mais je retiendrais le sourire d’Isabelle, l’accueil de Gérard, représentant de Planet Tours qui nous a bichonnés, ce japonais déguisé en ballerine du lac des Cygnes, l’équipe CLM et les sauterelles, un des dîners les plus drôles que j’ai pu faire avec Emile même si aujourd’hui encore je ne préfère pas savoir ce que j’ai bien pu manger et la business class d’Air France bien sur !
Marathon de Paris : De nouveau le marathon des copains ! J’ai passé plus de temps à jeter des confettis qu’à courir… la fatigue évidente, l’inquiétude de voir si ma cheville allait tenir ou non, la course du petit déjeuner avec Nadom et son sourire le lendemain pendant le marathon, le courage des filles de CAF pour leur premier marathon, ma Mireille venue spécialement pour moi du sud de la France et son mari bien sur, mes zébulons d’accompagnateurs quelque peu vexant dans leur aisance, les 4 bouteilles d’eau tendues à chaque ravito, j’aurais pu prendre une douche ! La liqueur de poire au 15° pas vraiment l’idéal pour la perf., mon inquiétude de savoir Ken seul sur le parcours et ma déception de n’avoir pu finir mon tour du monde avec lui. Et surtout mon désir irrépressible de rentrer chez moi dès la fin de la course, l’envie de rentrer à la maison retrouver ma famille.
Ce que je retiens de mon tour du monde ce sont tous ces visages, ces rencontres qui font tout l’intérêt d’un voyage comme celui là. Pour une fois j’ai pris des tonnes de photos pour garder des souvenirs, pour pouvoir replonger dedans pour ne pas oublier. J’ai la chance d’avoir pu réaliser ce que peu de gens ne feront jamais pendant toute une vie et je ne veux pas l’oublier. J’espère sincèrement avoir pu vous transmettre à travers mes récits et mes photos un peu de mon rêve en espérant que cela vous donnera vous aussi envie de réaliser les vôtres. Allez y n’hésitez pas, lancez vous ! Je reprendrais à ma façon la phrase lue sur les tee shirts d’américains en Antarctique avec moi : « le miracle ce n’est pas de réaliser son rêve, le miracle c’est d’avoir eu le courage de se décider».
A tous ceux qui me demandent « et maintenant tu fais quoi ? », je répondrais déjà ceci : « laissez moi savourer ! ». On m’a donné une autre idée : le pole nord, histoire d’être la première française à avoir couru un marathon sur les 6 continents et les 2 pôles. Avouez que l’idée est tentante… Plus sérieusement, comme je l’ai déjà plus ou moins annoncé, je compte vraiment maintenant me consacrer aux ultras pour un jour pouvoir courir la Badwater avec Ken à mes côtés en chef assistant. Ce n’est pas gagné parce qu’il commence déjà à me demander s’il va vraiment être obligé de rouler à ma vitesse… Donc rassurez vous, je ne raccroche pas mes baskets et surtout je ne range pas mon clavier !
Je remercie bien sur mes sponsors et surtout ma famille : mes enfants pour leur patience, mes beaux parents pour avoir eu le courage d'emmener toute la tribu à la Montagne, ma mère pour ce mois de mars passé à la maison alors que j'étais avec les pingouins et les sumos et bien sur mon mari sans qui tout cela n'aurait pas été possible. Quand on dit que la course à pied est un sport individuel, ce tour du monde m'a prouvé le contraire ! Autre point positif : mon petit dernier sait compter jusqu'à 7 maintenant !
En conclusion je vous dirais quelque chose d’une banalité affligeante mais qui est pourtant ce que je ressens : il faut parfois partir bien loin pour réaliser que son rêve est là, juste à côté de soi et qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir.
Commentaires
Alors ce dernier CR, moi il me fait pleurer. C'est vraiment trés beau de nous partager tout cela Cécile, c'est si personnel. Encore bravo à toi et profite bien des tiens maintenant, bises, Nath
Je n'ai jamais commenté ici, même si j'ai tout lu dans mon lecteur RSS au fur et à mesure.
Il y a quand même une chose sur laquelle je ne suis pas d'accord : comment ça, une championne que tu n'es pas ? J'aimerais qu'on me définisse le terme ;-)
En tout cas, j'ai une grande admiration pour ce que tu fais, déjà avant ce projet, et maintenant encore plus. Bien que je n'arrive pas à comprendre comment tu as fait ;-)
J'aime beaucoup ta dernière phrase.
Ayè me voilà avec la larme à l'oeil, raa c'est malin ;-)
J'ai été ravie de suivre tes aventures, ta manière de nous les transmettre faisait que l'on avait l'impression d'être à tes côtés...
C'est vraiment admirable ce que tu as réalisé, je n'en reviens toujours pas. J'éspère encore suivre tes futures aventures très vite, mais en attendant profite bien de ta famille et repose toi.
Mais bon je dois t'avouer que je suis déjà nostalgique des "pause-café-Barbie et ses 7 marathons" que je faisais au boulot... ;-)
bises !
Bérangère
j'ai des frissons dans le dos...
comme Mistike, je trouve que le terme "champion" ne devrait pas forcément se limiter aux chronos.
la course à pied ( et le sport en général ) sont aussi et surtout des moments de rencontres et de solidarité, ton parcours et tes CR le montrent d'une belle manière.
Merci pour tous les moments que tu nous a fait partager...quelle belle aventure. Tu n'as rien volé à personne, tu t'es donné les moyens d'exister.
Sophie
Merci d'être allée au bout de ton rêve Barbie et de nous y avoir un peu entraînés.
Merci aussi pour les premiers marathons de Tati, Kiki, Nadom, Cecil, Verocavalaire (pour celles que j'ai un peu plus vues) et toutes les autres que j'ai ratées, heureuse que tu aies pu leur donner à croire qu'elles le pouvaient.
Merci encore pour CAF et un merci en particulier à Ken aussi pour sa gentillesse et son calme olympien.
Bises
Bibiche
encore bravo et là tu vas pouvoir bien te reposer puisque tu ne fais pas le marathon de marseille. bonne transaq ( un sacré truc ! )
Bravo Cécile, et merci de nous avoir fait rêver pendant ses 80 et quelques jours.
Je te cite : Il faut parfois partir bien loin pour réaliser que son rêve est là, juste à côté de soi et qu’il suffit d’ouvrir les yeux pour le voir.
Que c'est criant de vérité. . .
C'est aussi et surtout de belles leçons de vie
Bravo d'avoir eu l'envie et le courage d'aller au bout de tes rêves. On est nombreux à rêver de course à pied ou d'autre chose, peu importe, tu nous as raconté ton histoire, à nous d'écrire la nôtre, celle de nos rêves à nous :)
Merci pour tous ces jolis récits et bonne chance pour la suite, qu'elle soit aussi belle, la suite de ton parcours.
Nous avons tous besoin de rêver pour vivre mieux notre quotidien et construire plus savoureusement notre lendemain. Tu as réalisé un de tes rêves. De quelle manière ! Magnifiquement !
Bravo à toi et bravo à tes proches.
Cela te servira, j'en suis sûr, beaucoup plus que tu ne le crois. Prends effectivement maintenant le temps de savourer et de savourer encore. Prends le temps de vivre d'autres choses car la vie est une aventure qui a besoin d'être construite comme chacune des étapes de ton tour du monde. Go, go, go...
Je te remercie en tous cas du fond du coeur de m'avoir permis de rêver et de rêver encore.
Je t'embrasse.
Et l'aventure continue! du moins à travers ce compte rendu tellement captivant, merci Cécile de nous avoir permis, avec Yves de vivre une petite partie de ce challenge, ce marathon de Paris nous le revoyons encore! Continue à nous faire rêver,nous en avons tous besoin!
Merci Cécile pour ta conclusion qui est si vraie et si sincère.
Grâce à tes récits, beaucoup d'entre nous vont enfin passer à l'acte et réaliser des rêves dont elles se croyaient incapables. L'impossible n'existe pas, il faut juste se donner les moyens de l'atteindre et surtout, il faut croire en soi.
MERCI
et voila j ai verse ma larme pas grand chose a dire si ce n est que le plaisir tu l as eu et tu nous l as transmis
j ai pu partager qq km a paris avec toi un plaisir et surtout le nice cannes ou j ai vraiment apprecie d avoir couru avec toi 35km l occase d avoir eu la primeur de ton periple .
alors 7 fois merci et encore bravo
remet toi bien de tout ca et pour le marathon des sables ben on ce lance ???
Bien sympa cette succession de petits comptes rendus
Tout au long de ton périple,j'ai beaucoup apprécié ton humilité et j'aime surtout ta conclusion sur Paris.je ne peux te souhaiter que du bonheur dans tes futurs projets (et ta vie tout simplement)
Pour m'avoir fait rêver à travers tes récits, merci ; grâce à toi j'ai décidé de me lancer. Tes exploits vont en engendrer pleins d'autres, tu peux être fière.
Très belle conclusion, pleine d'émotion et en même temps de retenue.
Profite bien de ta famille maintenant avant de repartir vers de nouvelles aventures où tu nous feras rêver !
Tu nous as fait rever pendant ce superbe voyage. Tu nous as montre qu'avec de la determination, on peut aller loin, alors merci Barbie.
Je suis bien contente de t'avoir ainsi suivie dans ton périple. Merci à toi pour tout : tes exploits, tes récits, notre envie de bouger que tu réveilles... et merci à toute ta famille de t'avoir soutenue. En attendant de nouvelles aventures, savoures bien tous ces instants présents. Et si tu t'ennuies un peu par moment, entre deux séances de dédicaces, racontes nous l'histoire du nain de jardin, ou donne nous des recettes de pasta parties ou de "gastosport" pour les petites débutantes que nous sommes... Mais, surtout, retournes le prozac à tous ces affreux qui n'ont pas cru en toi et qui ont essayer de t'en dissuader ! Bises et encore... BRAVO !
Tu es allée au bout, et tu as vécu pleinement ton challenge.
Merci de nous avoir fait rêver, de nous avoir ému, de nous avoir fait vibrer.
Je retiens de tout cela que c'est une aventure humaine extraordinaire riche en émotions.
Je te souhaite plein de bonheur pour la suite
Bravo
Bravo encore. Ce furent de très beaux moments à lire.
Merci pour le partage de cette belle aventure. Humaine avant même d'être sportive.
Mais pour ce qui est des "championne", ou "exploit sportif"; peut être ne dois tu pas prendre cela au pied de la lettre, c'est juste affectueux.
ça ne signifie pas "gebreselassie et toi même combat", ni "à côté de toi, maud fontenay fait du tricot".
C'est bien justement parce que tu es une coureuse "comme une autre" que c'est extra de s'être lancée dans cette aventure. Et ce n'est pas rien que d'avoir enfilé
ces marathons. Tu te ferais 150 kms par semaine depuis 10 ans, ça n'aurait pas le même sel.
Nos pépés et mémés nous ont bien dit "bravo champion" lorsqu'on a fait nos 1ers tours de roue sans les roulettes du vélo. Avant d'écrabouiller les bégonias...
BRAVO Barbie-Cécile, ton exploit sportif et surtout humain est fantastique
MERCI de nous avoir fait partagé ces moments
BRAVO encore pour ton bouquin Courir au Féminin
A quand le bouquin du récit de tes aventures? Je l'attend avec impatience pour l'offrir à toutes mes copines que j'ai "collées de force" à la CAP !!!
Et j'espère à bientôt sur une prochaine course, tu avais déjà toute mon admiration, elle est "archi re-confirmée"!
Bises, GG92
merci barbie d'avoir partagé avec nous ton voyage,et repose-toi bien!
Moi aussi, les larmes aux yeux...
Un beau parcours très personnel et qui aura pourtant touché des milliers de gens: merci pour la part de rêve, merci de nous donner envie.
MILLE BRAVOS ! et pour le côté sportif et surtout pour l'humilité et l'amour de la vie qui peut se lire au fil de toutes ces lignes !
grande dame de la dignité et du dépassement de soi en sachant s'entourer pour être encore plus forte !!! REPOS BIEN MERITE !!!
et encore MERCI, quelle belle écriture (parce qu'elle vient du coeur !)