Marathon de Paris : plus c'est long plus c'est bon...
Par Cécile le mercredi, avril 8 2009, 08:16 - 2009 04 05 Marathon de Paris - Lien permanent
Le philosophe a dit : « plus c’est long, plus c’est bon ». Si vous voulez mon humble avis, ce brave monsieur ne parlait pas de marathon… Comment vous parlez de mon dernier marathon ? De celui le plus attendu mais aussi le plus redouté. Eh oui la peur de dépression post marathon vous connaissez ? C’est celle qui ne manque pas de vous tomber dessus quand vous avez préparé une course pendant des semaines, voir des mois. Seule solution : rebondir, repartir sur un autre projet et voilà comment on se retrouve sans comprendre à 10 marathons par an… De toute façon c’est ça ou le prozac alors !
Imaginez ma peur, mon inquiétude, comment allais-je vivre cette course qui signifiait la fin de mon projet lancé il y a plusieurs mois et qui prenait fin aux pieds de l’Arc de Triomphe parce qu’il ne pouvait pas avoir meilleur endroit pour fêter ça. Mais revenons à vendredi dernier, jour où je rejoins la capitale pour vivre les derniers kms de mon tour du monde. Direction la mecque du coureur à pied, à savoir le marathon expo, supermarché non pas à ciel ouvert mais à ciel fermé de tout ce qui peut rendre le coureur heureux. Il peut trouver là tout ce dont il a besoin et même et surtout tout ce dont il n’a pas besoin. Je ne parle pas bien sûr de toutes les courses qui sont présentées et qui lui feront tellement envie, un peu comme une femme devant la vitrine des Galeries Lafayette. J’en profite pour déposer mes baskets usées au stand d’Africa Run, passage obligé pour la coureuse enragée que je suis devenue. Je passe également chez Brooks récupérer la tenue que je porterai dimanche puisque j’ai eu l’idée saugrenue d’oublier ma jupette et mon tee shirt dans le placard de ma chambre d’hôtel de Buenos Aires. Je n’oublie pas de passer par le stand officiel pour la casquette du marathon, tradition commencée au début de mon tour. Il n’y a que Puerto Montt qui me manque parce que vu la taille de la course ils n’ont pas prévu de casquette. Mais je me suis offert un bonnet chilien ! Je retrouve Eric qui décide qu’il est temps de recharger nos réserves de sucres rapides à coup de macarons au chocolat (mon poids de forme s’éloigne à grands pas…) mais Nadom me l’enlève pour aller faire les boutiques. Heureusement Olivier prend la relève et m’offre un coca glacé pour les calories négatives, me permettant de déculpabiliser à mort pour le macaron précédemment avalé. Bien sur en passant devant le stand Raidlight j’ai discrètement acheté la jupette et le haut assorti pour la course du petit déjeuner mais ce n’est pas ma faute si je n’ai plus rien à me mettre… C’est en dégustant mon coca et en regardant de temps en temps les stands m’entourant que le doute me prend. Peut être est ce aussi le fait qu’Olivier soit là et que forcément nous parlions de Marrakech, le marathon que nous avons vécu ensemble. En tout cas, une chose est sure : j’ai beau repassé les images dans ma tête plusieurs fois, je dois me rendre à l’évidence, j’ai encore oublié mon soutif… « Bouge pas je reviens, j’ai une petite course à faire ». Je n’ai pas besoin d’en dire plus qu’Olivier a déjà compris : « non ne me dis pas que tu as encore oublié ? ». Mais bon là j’ai une excuse en or : il m’en faut un neuf. Tous ceux que j’ai ont maintenant au moins 2 ans et cela fait plusieurs marathons qu’ils m’abîment le dos, il m’en faut un neuf… Je prends également une décision importante : faut que j’en parle à mon psy et ça tombe bien mon psy je le vois le lendemain à la pasta party ! Je vous laisse aller relire le CR de Marrakech pour comprendre l’allusion.
Bref ce n’est pas tout ça, avant que la carte de crédit ne demande grâce il faut partir et surtout rejoindre ma petite sœur qui m’invite dans sa grande bonté au Théâtre. Dieu que cela fait du bien de passer une soirée à rire avec Feydeau. Merci encore Constance ! Bon le seul souci c’est que question régime alimentaire, je n’ai pas vraiment le même style de vie que ma petite sœur (qui n’a de petite que le nom, elle me dépasse de plusieurs cm !). Elle a décidé de fumer et de boire pour 2 mais question heure des repas, ce n’est pas tout à fait conforme à la tradition française. Pour faire court à 20h30 je calme la faim avec des petits beurres achetés au distributeur du théâtre et je finirais par demander grâce vers 1h du mat pour avoir un bol de pâtes dégusté genre vers 2h… Je ne vais même pas être à jeun pour la course du petit déjeuner !!! Je pose la tête sur l’oreiller et il faut déjà se lever. Ok je m’appelle comment déjà ? Ah oui je cours ce matin ? Quoi encore ? Direction l’Unesco avec un petit voyage en métro comme je les aime, plein de rencontres. Je discute avec une coureuse d’origine wallonne mais vivant à Shangaï, un anglais et un monsieur charmant venant directement d’Afrique du Sud. Elle est pas belle la vie !!!
Je retrouve toute la petite bande de CAF et CLM associée. Nous avons réussi à convaincre Nadom à venir se joindre à nous plutôt que de rester au lit et c’est avec son superbe chien que nous allons nous échauffer. Très honnêtement je n’ai pas vu passer cette course. Quelques foulées et c’est déjà fini. Petit détail frustrant pour moi : je dois me sauver tout de suite puisque je suis attendue de nouveau au marathon expo pour une petite intervention en direct sur RMC, la radio partenaire du marathon. Heureusement que je sais que je vais retrouver tout le monde pour la pasta party du midi, cela rend les choses moins pénibles. Je fonce de nouveau au marathon expo et je refonce dans l’autre sens pour revenir au César, notre restaurant fétiche. Je suis ravie de retrouver les copines de CAF, les anciennes comme les nouvelles. Les photos devraient suivre. L’après midi, ok j’avoue je ne fais pas grand-chose… Pas le courage de retourner au marathon expo et c’est avec le Prince Vladimir que je vais laisser passer le temps (c’est le nom du thé voyons !!!). De nouveau une pasta party avec les CLM cette fois-ci parce que plus on est de fous plus on rigole… Je sais surtout que je vais retrouver tous ceux qui ont décidé de vivre mon dernier marathon avec moi et déjà je peux leur dire merci.
J’ai beaucoup de chance d’avoir autour de moi des personnes qui sont prêtes à sacrifier un temps pour être à mes côtés. Il est temps de vous les présenter : - honneur aux dames avec Mireille. Je l’ai rencontrée lors de mon stage à Marathon pour préparer NY et tout de suite nous nous sommes bien entendues même si je la déteste au fond de moi-même d’avoir les jambes parfaites qu’elle a !!! Elle est accompagnée d’Yves son mari, coureur lui aussi. Ils ont tous les 2 tout à fait ma façon d’aborder la course à pied à savoir que c’est un bon prétexte pour voir du pays. Comme ils sont sur Londres juste après ils vont faire les 10 premiers km avec moi et me retrouver pour les 10 derniers. Pour vous présenter les autres, je vais utiliser l’ordre alphabétique pour ne vexer personne !!! - Aurélien, rencontré sur la France en Courant. Notre amitié a commencé autour d’une canette de coca tendue spontanément à une arrivée d’étape bien chaude. S’en est suivi des longues discussions et la volonté de garder le contact. Je lui ai proposé de venir et comme lui aussi a un marathon en vue (Marseille) il sera avec nous à partir du 15° km. - Dominique, dit Basilio. Ah Dominique, comment parler de lui sans tomber dans les excès ? Il est « trop » ce mec !!! Non seulement il est là à mes côtés alors qu’il court le marathon en 3h à reculons avec un sac de cailloux sur le dos mais en plus il m’a brodé un dossard extraordinaire et m’a offert un trophée qui me fout la pression puisque je n’ai plus le choix, je dois finir !!! C’est la première fois que nous allons courir ensemble puisque d’habitude il est douché, coiffé et rentré à l’hôtel que j’en suis à peine à envisager de finir… - Olivier qu’on ne présente plus puisqu’il était déjà à mes côtés à Marrakech. Il m’avait promis d’être là pour le dernier, il a tenu promesse. Je dois avouer que sa présence est très rassurante pour moi qui stresse un peu. Raphaël sera dans le sas de départ avec nous mais il a prévu d’accompagner des amis et sera peut être à nos côtés en fonction du rythme de chacun. Oui je sais ça tient de la pop star ce cortège mais le ton est donné, on est là pour rigoler !
Nuit courte bien sur, comme il se doit, pas reposante pour un sou… Réveil douloureux et force est de constater que rien ne va. Je suis chez ma petite sœur qui habite à quelques minutes de la ligne de départ pour m’éviter le stress des transports en commun et pourtant il est bien là le stress. C’est la première fois que cela m’arrive : je ne peux pas manger. Mon gatosport me tend les bras mais rien à faire, j’avale à peine une demi tranche. J’ai des nausées violentes que j’essaye de faire passer avec un thé mais il n’y a pas à dire, ça part mal cette histoire. Je retrouve tout le monde sous l’Arc de Triomphe pour la photo traditionnelle et là je découvre mon Basilio. Il m’avait prévenu il n’avait pas l’intention de passer inaperçu… Ah ça je suis gâtée !!! Entre la cape du magicien, la boule à facette piquée au Queen en partant et les sacs de confettis, je me demande s’il a l’intention de courir ??? Ah oui j’oubliais le chapeau de cow boy texan sous champignons hallucinogènes… Bref avec mon petit diadème, je fais assez minable !
Direction les SAS après avoir embrassé tout le monde et souhaité bonne chance à toutes les filles qui vont courir leur premier marathon. Je suis rassurée puisque je confie tout ce petit monde à Eric qui a décidé de prendre sous son aile Véro pour son premier. Je sais qu’il fera ramassage scolaire au cas où donc je peux courir sur mes 2 oreilles. Passage obligé par le parking souterrain avenue Georges V où j’affirme haut et fort que bien sûr ma voiture est garée là sinon vous pensez bien que je ne me permettrais pas de venir faire pipi là au chaud ! Oui je sais ce n’est pas bien de mentir et je vais griller en enfer pendant des siècle et des siècles mais bon d’un autre côté je suis plutôt frileuse comme fille alors autant aller là où il fait chaud ! Enfin la ligne de départ. Il y a un monde fou dans les SAS et cela ne calme pas mon stress. Dernières photos dont la traditionnelle «2 pieds » avec Olivier et ça y est nous sommes partis ! L’avantage du SAS des 3H30 c’est que nous courrons très vite. Même si nous avons décidé d’adopter un rythme cool, c’est vrai que c’est agréable. Il fait beau, Basilio est déchaîné, j’ai mes amis autour de moi, la vie est belle. Rue de Rivoli, et là drame !!! Basilio a oublié de démarrer son chrono !!! Mince alors. On crie au faux départ, on demande un retour immédiat sur les Champs Elysées mais rien n’y fait, la foule de coureurs n’en a que faire du désespoir de Basilio. Bon ça a un avantage, grâce à son oubli, nous allons mettre à peine 30 min pour 10 km, lui donnant presque l’illusion de courir pour de vrai.
Et déjà nous apercevons la Bastille. Je crains cette place comme beaucoup de places à Paris parce qu’elle est pavée et du coup dangereuse avec l’eau des bouteilles jetées sans être finies. Oh l’avantage c’est que comme l’année dernière le goulot d’étranglement est tel que nous allons marcher, que dis je être compressés pour en sortir. Ça m’amuse parce que Basilio est sidéré de voir ça. Et oui il découvre ce que c’est que de courir avec le petit peuple et la compression de coureurs hormis chez César il ne connaissait pas ! Allez ce n’est pas tout ça mais nous ne sommes pas d’ici et il faut repartir. Direction Nation où nous allons déposer Mireille et Yves qui vont sauter dans un métro pour nous retrouver quelques heures plus tard. C’est dingue parce que je les envie déjà… D’abord parce qu’ils vont avoir la chance de voir les élites passer et surtout parce que j’en ai marre… Ok j’avoue, je sens déjà que la fin va être dure. J’ai beau être entourée, chouchoutée par mes bodygards, j’ai du mal. Ce n’est pas physique, c’est psychologique. Pourtant je vous jure qu’ils y mettent du leur pour me changer les idées, la joyeuse bande ! Entre Basilio qui crie, jette des confettis sur les spectateurs complètement ahuris de voir un marathonien déchaîné et Olivier qui joue son zébulon comme d’habitude en courant à droite pour aller chercher de l’eau, à gauche pour aller prendre une photo, je n’ai pas le temps de m’ennuyer.
Je passe à côté de l’endroit où je suis tombée à moto et Basilio propose d’arrêter la course pour respecter une minute de silence. Personne n’a l’air décidé et franchement je ne comprends pas pourquoi. Du coup ce sera un lâché de confettis pour marquer le coup. Nous fonçons vers le 15° km où nous attend la fine équipe CLM et Aurélien. Mais également, et là franchement je me demande si c’est une bonne idée, mon ravito perso (oui oui comme les élites !) à savoir une bonne rasade de liqueur de poire. Je l’avais dit et comme pour les sauterelles je n’ai pas le choix, je suis filmée ! Bon ok je tousse… Moi d’habitude la liqueur c’est en fin de repas bien lourd et ça sert à dissoudre les graisses. Mon estomac a jeun en prend un sacré coup. 2, 3 bretzels pour éponger tout ça et me voilà reparti avec un garde du corps supplémentaire, à savoir Aurélien, plutôt en forme le garçon. Nous continuons dans le bois de Vincennes et une coureuse superbe m’aborde. Elle est de Clermont et a suivi mon périple, elle tenait juste à me saluer. Quel bonheur ces quelques secondes, ces rencontres furtives pendant une course. Il y en aura pleins d’autres grâce aux cris de Basilio. Bon il s’emmêle parfois un peu les pinceaux et je me retrouve très vite à avoir couru 80 marathons en 7 jours… Eh je ne suis pas Serge Girard !
Nous continuons notre retour vers Paris et le semi arrive. Vous auriez vu la tête de Basilio quand il a regardé son chrono à 2 fois… Il n’a jamais couru aussi lentement le pauvre ! Et là petit miracle du marathon comme je les aime. Nous croisons par hasard Edhistoire et son épouse rencontrés par le biais de CLM. Ed et moi avons un grand point commun, nous aimons écrire, raconter nos courses et j’adore son style. Quelques mots échangés et déjà il file rejoindre sa bien aimée. 2ème miracle : j’entends un « Barbie » derrière moi et vois tout d’un coup débarqué Shéhérazade, ou plutôt Linda, Tata Linda pour les intimes qui me lit depuis pas mal de temps maintenant. Elle ferait un beau couple avec Basilio dans le genre «animateur de course ». Je repars de plus belle, reboostée par ses encouragements. Enfin ça ne va pas durer parce qu’il faut se rendre à l’évidence, j’ai envie de faire pipi. Et comme vous le savez sûrement, il y a 2 choses qui peuvent rendre une femme méchante : un estomac vide et une vessie pleine. Mince alors il y a la queue aux toilettes… Et je sens que mes hommes en ont marre de se traîner. Tout d’un coup j’aperçois une petite rue tranquille alors je fonce et je me planque. Quelques secondes plus tard je suis de retour et j’ai le droit à un accueil tout ce qu’il a de plus discret. Eh les mecs j’ai juste fait pipi… Retour Place de la Bastille et début des quais et surtout des fameux tunnels. Pour certains ce sont des moments difficiles mais pour moi j’adore ! Ce que j’adore encore plus ce sont les plongeurs à l’entrée du premier tunnel. Bouge pas je veux une photo ! Les pauvres ils sont en train de bosser et vu qu’il y a un bateau et des plongeurs sous le pont je me doute qu’ils sont en train de chercher quelqu’un. J’ai vécu sur une péniche pendant quelques temps et hélas je connais ce ballet.
Allez changeons de sujet et fonçons tête baissée dans le premier tunnel. L’ambiance monte comme d’habitude. Les coureurs sont entre eux et font ce qu’ils peuvent pour évacuer la tension accumulée par leurs premières heures de course. C’est marrant parce que mes comparses n’avaient jamais connu ça. Apparemment les coureurs qui vont vite ne sont pas aussi démonstratifs. Bon le problème c’est que tunnel est aussi synonyme de sortie et donc de montée… La première passe tant bien que mal mais la 2°, bon sang la 2°… Je ne sais pas ce qu’il se passe mais je bloque. J’arrête de courir et je marche pendant 10 m. Je n’ai pas mal, j’ai juste besoin de marcher. Mon corps ne répond plus. Cela ne dure que quelques mètres mais cela me fait un peu peur pour la suite. La montée suivante se fera sans trop de problème. Je ne sais pas ce qui s’est passé. Nous sommes au Troca et je sais qu’il nous faut maintenant guetter Mireille et Yves qui nous attendent. Ils sont là, superbes tous les 2 dans leur tenue skin et je crie : « zou hou les copains on est là ! ». Allez maintenant c’est carrément une colonie de vacances qui se dirige vers l’arrivée. Surgit tel un cheval au galop, une pétillante blonde aux cheveux courts, vous l’aurez reconnu il s’agit de Nadom ! Elle est rayonnante !!! Je dois lui rappeler qu’elle est sensée être face au mur, pas être souriante comme si elle venait de trouver une paire de chaussures en 38 le premier jour des soldes… Une photo souvenir et hop elle part vers son destin de future marathonienne rayonnante de bonheur.
Basilio nous quitte pour aller rejoindre son propre fan club mais comme il a des soucis d’épingle à nourrice, je perds Olivier en charge de la garde robe de Monsieur, comme si s’occuper de moi ne lui suffisait pas… Nous continuons notre route et rentrons dans le 16°. C’est une partie que j’aime peu en fait mais une chose me tient : je sais qu’au 36° nous attend un petit groupe de Cafeuses (comme le dit si bien Eric) avec à leur tête Brinouille qui m’a l’air remontée comme un coucou suisse. Nous avons récupéré nos 2 stars du jour et nous fonçons vers le ravitaillement du 35°. Enfin « fonçons » c’est une façon de parler bien sur parce que franchement je me traîne. Comme le dit Aurélien, j’ai une sale tronche… On voit sur mon visage que je suis fatiguée. Heureusement Miss Zèbre, à savoir Brinouille et son gang des pom pom en goguette sont là pour m’accueillir. Super je m’arrête pour prendre quelques photos mais déjà Brinouille, qui est beaucoup plus sérieuse que moi, me pousse aux fesses et me remet sur la route. « Allez zou, tu as un marathon à finir… ». Oh la la, même pas drôle… Bon le bois de Boulogne est là et je me souviens que l’année dernière au même endroit un autre Olivier commençait à se dire qu’il n’avait peut être pas eu une bonne idée en me proposant de m’accompagner pour battre mon record perso et me permettre d’être qualifiée pour Boston.
Ce qui est marrant c’est que finalement, malgré mon rythme plus que lent j’ai l’impression que le temps passe super vite. Les garçons qui, il faut dire n’ont vraiment pas l’habitude de courir à ce rythme en profitent à fond. Et que je te mange des rillettes, de l’andouille, avec un coup de cidre par la-dessus. On arrive Cécile il y a du beaujolais… Au milieu des coureurs qui souffrent leur légèreté tranche vraiment ! Un ami d’Olivier s’est joint à nous pour quelques km et des petits groupes se forment au gré des ravitos ludiques. 40° km, j’avale une gorgée d’eau et je redémarre tout de suite. J’en ai marre, je veux finir. J’obéis à tout ce qu’on me dit (comme quoi pour faire ce qu’on veut d’une femme il suffit de lui faire courir 40 km…). On me tend des bouteilles d’eau et je bois. Tiens des raisins secs, je mange. Gentille fille ! Raphaël surgit tel Zorro pour se joindre à moi pour les derniers km, les amis qu’il accompagnait allant bien il m’a attendu. C’est pas gentil ça ? Ça y est enfin la porte Dauphine, synonyme de fin est devant nous mais surtout pour moi. Basilio part devant pour annoncer mon arrivée même si je me demande si quelqu’un ignore encore que je finis mon tour du monde dans le public et parmi les coureurs. J’attrape la main de mes comparses pour passer la ligne avec eux. Ce marathon ce n’est pas seulement mon marathon, c’est notre marathon. Dieu que j’ai de la chance d’avoir des gens comme ça à mes côtés ! Nous passons la ligne ensemble et c’est dans leurs bras que je tombe. Ça y est c’est fini !!! Honnêtement je n’en peux plus et je suis ravie d’avoir fini… Bizarre comme sensation d’ailleurs, heureuse d’avoir fini, inquiète aussi pour ce qui va se passer après.
Il faut d’abord que je trouve Isabelle qui m’attend à la remise des médailles. Vous vous souvenez, Isabelle du marathon de Tokyo. Elle est bénévole ce jour là et j’ai à peine le temps de l’embrasser parce que je ne peux pas gêner plus longtemps le flot des coureurs qui veulent leur médaille tant méritée. Comme d’habitude je n’ai qu’une envie : une douche ! Et là surprise mon portable sonne : c’est ma petite sœur ! Quoi ? Elle est réveillée ? Et même pire elle est déjà dehors et elle me cherche ! Alors ça ce sera le miracle du jour. Encore plus fort qu’une mère de famille qui court 7 marathons en 80 jours, Tata Constance qui est dehors un dimanche à 14h ! On se retrouve chez elle et enfin je prends ma douche. Histoire de bien la dégoûter de la course à pied je lui montre ma nouvelle ampoule apparue sous la peau de la précédente née à Tokyo. J’hésite à la prendre en photo pour la postérité mais devant l’air effarée de Constance, je me ravise.
Bon allez ce n’est pas tout ça mais j’ai des troupes sur la route et il me faut prendre des nouvelles. Je sais qu’Eric finit avec Véro et que Ken est en train de finir tout seul. Je boucle mon sac et je pars à sa rencontre. Je suis inquiète parce que franchement finir un marathon tout seul en marchant, j’ai connu plus sympa. Je sais qu’il veut finir et qu’il va le faire. Mais le marathon de Paris, ce n’est pas le marathon du Médoc et l’ambiance « retraite de Russie » ce n’est pas la même des coureurs chantant tout le répertoire de la Chaudière complètement saouls. Enfin il est là et je peux le tenir dans mes bras. Je regrette vraiment qu’il n’ait pas voulu que je cours ce dernier marathon avec lui. Bien sur j’aurai mis plus de temps mais ce projet a été le notre pendant plusieurs mois et j’aurai aimé qu’il se finisse ensemble. Nous nous dirigeons vers le Cristal lieu de ralliement des filles de CAF et je suis heureuse : tout le monde est là ! Elles ont toutes l’air plutôt bien à part Nadom qui a l’air d’avoir quelques soucis question transit dirons nous… Il y a même Stef qui était sur une autre course le matin, un 10 km où Lulubelle a fait des étincelles. Je suis tellement ailleurs que j’en oublie de lui demander si tout s’est bien passé. En fait oui je suis ailleurs, je suis déjà rentrée chez moi. Je sais que ce que je vais faire ne se fait pas mais j’ai envie de voir mes enfants restés à la maison. Cela fait plusieurs semaines que je vis dans les hôtels, les avions sans les miens et cela m’a permis de réaliser à quel point j’avais besoin d’eux.
Je regrette vraiment à cet instant de ne pas les avoir fait venir à Paris en fait. Bien sur cela n’aurait pas été simple à gérer, je ne pouvais pas être auprès d’eux et sur les différents rendez vous que nous nous étions fixés. J’en ai 4 quand même, de tous les âges et on ne peut pas dire que la course à pied les passionne. Le petit dernier m’a dit alors que je déposais à l’école vendredi avant de sauter dans le train : « courir beaucoup marathons Maman quand même… ». Je crois que le message est passé. Du coup je fonce gare de Lyon et je me surprends à courir plus vite que pendant le marathon alors que j’ai des bottes de motarde aux pieds et un sac lourd comme Hérode au bras. Comme quoi… Pas une courbature, rien le lendemain qui pourrait me rappeler que j’ai couru un marathon. Cela fera dire à Aurélien que la prochaine il sort le fouet pour me faire avancer plus vite !!!
Et voilà, un 7° marathon pour moi et le dernier de mon tour du monde. Merci encore à tous ceux qui ont sacrifié leur dimanche pour moi, pour m’accompagner km après km et m’offrir un marathon qui restera gravé dans ma mémoire comme un de ceux où j’ai le plus rigolé !!! Merci à Aurélien, Basilio, Mireille, Olivier, Raphaël et Yves pour tous ces moments inoubliables.
Commentaires
Bravo pour ce périple passionnant et merci de nous l'avoir fait partager ! on a pu vivre ainsi un peu de ton rêve ; tu m'as fait vibrer, trembler, sourire...et aussi voyager à travers tous ces reportages.MERCI
On s'y croirait... Rien à rajouter, sauf peut etre que je n'ais pas parlé de "sale tronche", juste d'un visage marqué par la fatigue! lol
Mais à 200 m de l'arrivée le sourire était de nouveau présent donc tout est bien qui fini bien. C'est quand le prochain? Bises.
Bonjour Barbie,
Je suis ton vieil accompagnateur du semi de Paris 2008, j'avais hâte de lire ton compte rendu, je me suis délecté, je te félicite très sincèrement. J'ai bien regardé si je te voyais au départ mais hélas il y avait trop de monde. J'étais dans la course mais je n'ai pas eu ta volonté, je me suis arrêté piteusement au 30ème km, je n'avais plus envie de courir.....
Merci Cécile pour ce super dernier récit. Il est très émouvant...Bises, Nathou
bravissimo !!!!!!!!!
t'es sûr que tu feras le marathon de marseille ( à moins d'aller faire bronzette sur la plage du prado :-) )
Rien à dire, c'est beau, c'est grand et c'est très fort.
Une très belle aventure qui se termine, mais réussie avec un panache extraordinaire :)
Châpeau Madame! J'adore toujours autant te lire...tu devrais écrire un livre nan??!! mdr!
J'ai été ravie de te rencontrer, de papotter un peu... vivement la prochaine!
Qui a parlé de sacrifice? Pour Yves et moi ce marathon restera parmi nos plus beaux souvenirs nous avons pris un plaisir fou à t'accompagner et ce matin en te lisant nous avons éprouvé beaucoup d'émotion tous les 2.
Merci encore championne!
effectivement ce n'était pas triste ce marathon!
j'ai été hyper contente de pouvoir te dire bravo "en vrai" ainsi qu'à Ken.
une dernière chose: qu'est-ce qu'il faut manger pour avoir l'air autant en forme que toi après 42 km? :)
Maintenant je sais d'où venaient tous ces confettis par terre !!
Encore un très beau CR... (et émouvant comme il se doit !)
A présent, cajole bien tes enfants et repose toi bien avant de revenir nous faire rêver sur d'autres courses !
Bises
BRAVO Cecile ....
quel exploit !!
Merci de nous avoir fait rever, voyager, rire, pleurer d'emotions, vibrer au fil des jours.
Bravo pour ce periple !
Félicitations !!! Chapeau bas pour ton exploit et tout ce que tu en fais... avec simplicité, gaité... Je suis très heureux de t'avoir croisé aux environs du semi...
Et voilà, c'est fini... Tu as prévu du prozac pour la dépression post defi "7 marathons, 7 continents, 80 jours" de tes supporteurs?
BRAVO, Cécile, je suis très fier d'avoir fait un peu parti de ton aventure. Maintenant direction la case repos pour relever brillament notre défi de début juin.
encore félicitations Cécile pour cette belle boucle bien bouclée, et bravo à la joyeuse bande. il en restera des images et des souvenirs marquants pour tous
Bravo Cécile pour cette merveilleuse aventure.
Je t'ai croisé à Paris aux environs du kilomètre 15, mais avec toute cette foule je n'ai pas pu te saluer.
Après un repos bien mérité, vas-tu participer à d'autres courses cette année ?
Bonjour Barbie,
En effet, un thé n'était pas suffisant, j'ai du aussi faire un couscous, une danse du ventre et manger le couscous en te lisant!!! (rire!)
Toujours aussi plaisant de te lire, à chaque ligne on a ce sourire en coin qui dirait "Sacrée Barbie" mais le sourcil du colègue qui se lève en te regardant bouger les lèvres sans parler..te stoppe net tout expression..Alors tu finis par l'imprimer et te barrer au chiotte pour le finir tranquillement...m****** alors, on ne peut plus être trankil à bosser!!!
Mon déguisement t'as marqué!!! je te remercie pour ce "clin d'oeil"..
J'étais casi sûre, justment de te croiser, vu que les horaires "de bus" étaient les même que ma copine Rachel, qui d'ailleurs m'a dit "Mais c'est Barbie??" lorsque tu sortais de ta "cabane-pipi de fortune", car on a pris le même chemin que toi!!!
J'avoue, en te voyant revenir de cet endroit, j'ai dit à Rachel, c'est bon, si Barbie en vient, c'est qu'elle a trouvé un bon plan-pipi!!
Enfin, tout ça toute cette émotion que tu as dû ressentir, c'est vraiment légitime et mérité, et quelle bonheur de voir que tout le monde t'entoure et te protège (de quoi au fait??)..bref un enorme bravo multiplié par 7 ..
Il y avait les 7 nains et maintenant les 7 marathons, et mine de rien tu es finalemnt la blanche neige des 7 marathons (surtout coté Antartique)
Repose toi bien, balance le prozac aux mauvaises langues qui ont critiqué ton projet et profite surtout de toute ta belle famille qui doit être fière (et encore plusssss) de leur femme et maman. même si celle ci leur a manqué tous les jours.
A bientôt
Linda, shérazad à l'occa'
salut Cecile et bravo pour la réalisation de cet objectif hors du commun...
on s'est croisé il y a quelques semaines au hotspot wifi de l'aéroport de Narita avant notre départ pour CDG (moi avec mon Mac et toi avec ton PC)...
le résumé de tes aventures - et autres anecdotes - m'avait bien fait rigolé (le marathon sur le bateau lors d'une première édition en antarctique...) mais la lecture de ton blog m'inspire depuis le plus profond respect...
encore bravo
Une boucle est bouclée!
Félicitation Barbie, je suis très heureuse d'avoir passé quelques minutes avec toi, histoire d'être sûre que tu existes bel et bien, mais oui, ce n'est pas seulement une fille virtuelle!
Bravo pour ce périple!
Nul doute que tu n'aies pas le temps de connaître la dépression post marathon, j'imagine que tu as déjà des échéances proches.
Pense à récupérer un peu et à profiter un peu de tes enfants.
Bises!
Bibiche
Et bien voilà c'est fini, déjà pourrais je dire?
T'es sûre que ton prochain défi n'est pas d'accompagner Serge Girard sur ses 600 Marathons consécutifs car en te voyant lancée comme çà on pourrais le croire?
RDV donc à Marseille où j'aurais plaisir à te revoir et à te féliciter de vive voix!!!
Bravo, tu as relevé ton défi, de façon définitive et haut la main ! Tu parles de dépression post-marathon, et nous, alors ? Nous aussi, ça va nous faire un vide, plus de périple à suivre, plus de "7 marathons, 7 continents, 80 jours" à suivre en direct ou presque ... lol
Sincèrement, chapeau bas !!! Et merci pour nous avoir fait partager cette merveilleuse et incroyable aventure :-)
Bravo Cécile :)
Bonne continuation, profites bien de tes enfants et surtout, surtout..Merci de cette formidable impulsion que tu nous donnes.
Bravo Barbie. Repose toi bien maintenant et profite de tes enfants et de ton ptit mari. Je n'étais pas à Paris mais j'espère vraiment te croiser un jour. Que d'émotions sur ce blog ! bravo
Quel beau défi, quelle belle aventure... je suis heureuse de t'avoir entre-croisée à Paris, pendant trois mois nous sommes nombreuses nombreux à avoir vécu au rythme de tes voyages et de tes courses.
Profite bien de ta petite famille, ta victoire est aussi la leur, et à bientôt j'espère!
Super Barbie je vois que tu t'es bien amusee sur ce dernier marathon bravo pour tous ses kilometres je te fais de gros bisous et merci de m'avoir prete pour ce jour ERIC bises vero
Bravo Barbie!
Ravie d'avoir pu te renconter "pour de vrai" sur le MDP :=)
Nous l'avions bien commencé mais mal terminé car mon mari Denis a bcp souffert sur la fin . Après éxamens médicaux , il s'avère qu'il a l'artère iliaque bouchée par un muscle (psoas) hypertrophié .Donc examens et ....plus de sport pour lui pour l'instant tout du moins !
Nous avons malgré tout apprécié le MDP , l'ambiance , le public ....c'était géant !
Bravo à toi pour ta performance et à bientôt peut-être .....
Respect Madame!
Et tous mes voeux pour la vie après ton challenge!
C'en sera un de te remettre dans le bain de la vie pépère! En tout cas tes CR m'ont toujours énormément touchée, et ta persévérance beaucoup motivée. Bravo!
Je suis franchement épatée par ce que tu as fait... tu es vraiment un exemple pour plein de filles qui ont peur de se lancer... encore Bravo. Je te souhaite une bonne récup après ce grand périple et surtout, profite bien de ta grande famille !
Et j'espère avoir moi aussi bientôt le plaisir de te rencontrer pour m'assurer que tu existes vraiment... que ce n'est pas un rêve ! lol
Bravo barbie, quelle aventure tu nous as fait vivre, c'était tout simplement magnifique !!! Que d'émotions à te lire à chaque Marathon !!
Tes enfants peuvent être fiers d'avoir une maman comme toi !! repose toi quand même un peu...
Nadine
une belle aventure ! impressionnant, haletant ! merci d'avoir partagé avec nous tous ces moments et ..... aux suivants !!!!
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