A l'aéroport, encore...
Par Cécile le jeudi, mars 19 2009, 08:07 - Général - Lien permanent
un dernier message en direct live de Roissy ma deuxième maison...
Me voilà en France pour seulement quelques heures… J’ai franchement encore du mal à réaliser que lundi encore j’étais au bout du bout du monde. Et que surtout je repars dans l’autre sens demain matin si les syndicats français y mettent du leur ! En parlant de ça c’est d’ailleurs assez surprenant de découvrir l’image que les américains et autres étrangers ont de nous. Pour faire simple, nous buvons du vin tout le temps et nous faisons la grève tout le temps… Et ça c’est notre image au fin fond de la Caroline du Nord ! A chaque fois que je refusais un verre de vin on me rappelait que j’étais française et que je ne rentrais pas dans les cases. Parce qu’il faut vous dire que déjà avant le marathon je trouvais que la consommation de vins et bières était assez surprenante pour un bateau de marathoniens mais alors après la course ça a pris des proportions que je n’imaginais pas une seule seconde.
Enfin bref me voilà revenue chez moi après un voyage des plus éreintant que j’ai pu faire jusqu’à présent. Il a commencé lundi matin après seulement 3h de sommeil mais là je suis responsable des faits ayant décidé de fêter allègrement le passage du Cap Horn et la fin du voyage. Big party organisée au bar du bateau avec mix des différents ipod venant du monde entier et découverte de la music danse nouvelle zélandaise entre autres.
Retour à Ushuaia pour 2 heures seulement, le temps de débarquer et d’aller à l’aéroport pour le premier avion de mon retour chez moi. Contrairement à l’aller, nous faisons escale dans un trou paumé argentin et nous finissons par arriver à Buenos Aires. Je ne suis pas vraiment pressée de descendre de l’avion puisque je sais que je suis là pour pas mal d’heures. Mon avion pour l’Europe ne décolle qu’à 22h40 alors qu’il n’est que 15h. C’est dire si j’ai le temps d’arpenter l’aéroport dans tous les sens. Finalement je vais m’installer derrière un ordi à clavier espagnol pendant pas mal de temps histoire de faire le tri dans les 114 mails qui m’attendaient sagement…
Après un passage de douane avec fouille au corps, je finis par arriver à mon comptoir d’embarquement. Personne en vue, je m’ennuie alors au lieu de craquer sur les paquets de chips qui m’appellent je repars vers une connection internet histoire d’aller faire un tour sur facebook. Je mets un petit message à mon nouveau copain américain, copie conforme de Di Caprio qui travaille d’ailleurs pour le dit site et je retourne m’asseoir sagement. Et là première surprise, Mark un londonien, le superman du marathon arrive tranquillement. Il est sur le même vol que moi. Je n’avais pas pensé à lui demander, pensez donc je vais à Madrid ! Mais il est comme moi, il a cherché le vol le moins cher et Air Iberia a gagné le gros lot. Je suis ravie il faut le dire de ne pas voyager seule surtout vue la suite des évènements. Deuxième surprise : j’entends un cri, « Cécile » et je vois débouler mes grands copains à savoir Dale ou Di Caprio pour les intimes, Lisa ma grande copine, Tim qui a partagé sa cabine avec Patrick l’autre français du bateau et William d’origine japonaise marié à une québécoise qui parle très correctement le français (il a joué l’interprète pour moi pendant tout le voyage). Ils sont tous les 4 sur le vol qui les ramène à Miami et quand Dale a reçu le commentaire sur son profil il a compris que j’étais forcément encore à l’aéroport. Ils ont donc foncé pour m’embrasser une dernière fois. Ils vont me manquer sincèrement et je compte bien retraverser l’Atlantique pour aller les revoir un jour.
Allez ce n’est pas tout ça, même si j’ai le cœur un peu gros de les quitter j’ai aussi le cœur léger d’embarquer pour retrouver les miens. Nous négocions dans l’avion pour être assis l’un à côté de l’autre et nous voilà partis. Moi qui m’attendais à papoter pendant le vol, il faut se rendre à l’évidence, l’anglais a besoin de ses 12 heures de sommeil. Je ne suis pas sure qu’il ait vu le décollage. Et là commence le cauchemar… Nous allons traverser une zone de turbulences qui va durer presque 2 h avec des moments de calme aussitôt suivis de secousses qui me terrifient. A un moment plus agité que les autres je vais finir par saisir violemment le bras de mon voisin le tirant de sa torpeur un peu brutalement je dois l’avouer. Il a l’air surpris de ma peur panique. « Mais tu étais comme un poisson dans l’eau lors du passage du Cap Horn ». Oui je sais mais j’ai peur en avion et puis c’est tout. Là j’ai le droit à une réflexion qui me fait encore rire : « ne t’inquiète pas je suis là ! ». Comme si le fait qu’il soit là à mes côtés allait changer quoique ce soit au fait que l’avion a décidé de sauter à la corde… Et puis en plus il se rendort quasiment 2 sec après m’avoir dit ça. Je vais donc ronger mon frein jusqu’à ce que tout redevienne calme et que je puisse dormir un peu. Pour vous donner une idée de ma peur, il est rentré chez lui avec la marque de mes doigts sur le bras… J’ai tellement serré qu’il en a des bleus…
Nous atterrissons à Madrid et je comprends que mon vol ne continue pas vers Barcelone comme je l’avais compris mais qu’il me faut changer d’avion. Et là c’est parti pour une traversée endiablée de l’aéroport immense de Madrid, par un passage mémorable dans une zone de contrôle avec un jeté de bottes de motarde cloutées qui, je pense, restera dans les annales de la douane locale. J’arrive à bon port et je remonte dans l’avion. Là j’ai un pressentiment : mes bagages… Si moi j’ai bien couru comme une gazelle, qu’en est il de mes sacs ? Saut de puce vers Barcelone et re-course poursuite dans l’aéroport pour choper le 3° avion en 24h. Là franchement je n’en peux plus, j’ai envie d’une douche, je suis debout, enfin non assise depuis la veille 6h de mat et mon organisme ne sait plus s’il doit avoir faim ou pas. Je vais discuter un peu avec mon voisin histoire d’enfin pouvoir reparler un peu français et me voilà enfin à Paris. Je suis devant les tapis à bagages, Ken est là derrière la vitre qui m’attend et le carrousel tourne, tourne, désespérément vide… Un couple est là également et très vite je leur demande : « Buenos Aires ? ». « Oui, vous aussi ? J’ai bien peur que nos bagages se soient fait la malle… Le changement à Madrid nous a paru bien court ». Et oui, il fallait que ça m’arrive quand même dans mon voyage, le coup des bagages perdus.
Direction le service des bagages. L’avantage c’est que je suis tellement à l’ouest que je n’ai même pas la force de râler ou quoique ce soit : je veux une douche !!! Le monsieur en charge du service est absolument adorable et il va l’être encore plus en me disant alors que je viens juste de lui dire que j’arrive de Buenos Aires « vous êtes Madame Bertin ? ». Quoi ? Un marathonien qui m’a reconnu ??? Bon ok je n’en suis pas encore là. Tout simplement il a déjà reçu un fax de Madrid l’informant de l’incident et du fait que mes bagages rejoignaient Paris par le vol suivant. Nous allons donc aller dîner sur Paris pour revenir à 11h du soir à Orly récupérer les fugueurs.
Ah ça il n’a pas fallu me bercer très longtemps pour que je m’endorme le soir et j’ai vraiment eu l’impression de juste avoir fermé les yeux une seconde avant que le réveil ne sonne. Il faut aller à la gare pour rejoindre la petite troupe qui m’attend pour le traditionnel déjeuner chez Pat à Pain du mercredi midi. Paul est ravi de son pull bleu avec des pingouins dessus et encore plus ravi de ses chaussettes avec les mêmes mascottes. Ah oui au fait je n’ai pas vu de manchots empereurs, espèce qui vit beaucoup plus au sud de là où nous sommes allés. Ce sont donc bien plusieurs sortes de pingouins que j’ai vu. Je pourrais vous trouver les différentes espèces si ça vous dit. Autre grand moment de la journée : l’ouverture du colis qui renferme les exemplaires « auteur » comme on dit de mon livre. C’est déroutant comme sensation je dois bien l’avouer. J’ai vraiment du mal à réaliser que c’est mon livre… Il y a presque un an en fait j’ai été contacté par la maison d’édition et je me souviens que j’avais appelé Ken en lui disant que ça devait certainement être une blague. Quand nous avons établi le planning de livraison du livre, j’ai tout de suite alerté mon interlocutrice : « ah ben là ça va pas être facile, normalement je serai en Antarctique… ». Alors on s’est arrangé, j’ai passé une journée à Los Angeles enfermée dans ma chambre d’hôtel pour les corrections, trimbalé mon manuscrit dans les avions et voilà il est là. Et pourtant je ne réalise pas. Un peu comme mon tour du monde je dois l’avouer. J’avance marathon après marathon, me demandant si c’est la réalité ou simplement un rêve éveillé. En fait ça fait tellement de choses en même temps que ça fait presque trop justement. Enfin voilà je suis de nouveau à l'aéroport et mon avion décolle bien. Là rassurez vous internet à haut débit dans la chambre, vous allez donc pouvoir suivre mes aventures au quotidien. Comme le dit si bien la chanson : « j’aurais voulu être une hôtesse de l’air !!! »
Commentaires
Quelle aventure! il n'y a pas que tes marathons qui nous font frissoner, tes périples en avion sont également dignes d'un roman à suspens.
Bonne récupération avant Tokyo et bonne chance pour cet avant dernier marathon.
A bientôt à PARIS, les filles de courir au feminin t'attendent avec impatience!!!
c'est vrai que l'enchainement des marathons n'est pas évident, mais que dire des voyages !
allez plus que 2 et l'arc de triomphe portera bien son nom pour toi !
Allez, Barbie, encore un marathon au bout du monde et le dernier sera "à la maison" entourée de plein de monde, enfin en France, le pays où on boit du vin entre deux grêves ;)
Bravo Cécile, courage pour ce dernier voyage.
Et comme tu vas l'entendre à Tokyo: Gambate !
Et bien, je suis fatiguee rien qu'a te lire !
J'ai commande ton livre, j'attends avec impatience qu'il m'arrive ici, outre-Atlantique !
Bon marathon Japonais !
ps : mon mari et moi ne buvons pas une goutte d'alcool et ca fait toujours halluciner les americains ici ;)
Tu serais pas un peu hyperactive ? lol
Le coup de Madrid, c'est classique : il nous est arrivé la même chose, et pas qu'une fois !
Les Américains ? Je me rappelle qu'on m'a plusieurs fois dmandé, quand j'habitais là-bas : "mais comment font les Françaises pour manger du fromage gras et boire du vin, et rester toutes minces ?" Au pays du "fat free", "sodium free" et "cholesterol free", c'est la stupeur. C'est qu'ils pensent que parce que c'est "low fat" ou "fat free", ils peuvent s'empiffrer ! MDR
La musique Dance néo-zélandaise : le bol !!!
ça valait donc bien le coup de faire cette petite ballade.
Hello Barbie-Cécile,
Il sort quand ton bouquin??? J'ai hâte!
Bon marathon au Japon et j'aurai tellement adoré être a tes côtés sur Paris mais pas de bol, mon mari m'emmene en voyage juste au meme moment, enfin des massages a Bali, ca va comme compensation.
A bientot sur les Gendarmes, bises,
Gégé
C'est chouette, je sens que pour une fois, personne ne va raler apres Air France.
Bonne course!
Arnaud, votre chef de cabine sur le vol Paris-Tokyo.
J'arrive un peu tard, mais il te reste encore quelques heures avant ce marathon asiatique.
Et puis j'ai reçu ton livre hier et j'y ai découvert un point commun en dehors de la CAP et les cheveux longs, les ongles! Comme toi je ne les aime que longs et en casser un me rend littéralement malade d'autant que je les ai durs comme de la corne et quand j'en casse un, obligée de raccourcir les neufs autres, quelle galère!
Bonne course et reviens-nous en pleine forme pour Paris!
Comme les copines je suis impatiente de t'y rencontrer!
Bises.
Bibiche
Une fois de plus tu partages avec nous un super article. Toutes mes felicitations.
Merci pour cet article qui va enormement me servir.
Bonjour, je suis tombe par hasard sur votre blog et je trouve que les articles qui y sont present sont supers.